Parmi tous les constructeurs français de voiture de course des années 70, BBM est probablement la marque la moins connue, malgré que les modèles de Pierre Bertin Boussu ont toujours été des modèles d’efficacité et d’esthétisme.

Il est temps de réparer cette injustice.

L'origine.

La marque BBM a vu le jour dans les années 1965 grâce à la passion et la détermination de son fondateur Pierre Bertin Boussu, passionné d’automobiles et de dessin.

Le premier modèle de la marque sorti en 1968, une berlinette équipée d’un moteur Renault R8 Major qui fit ses grands débuts au Rally de Picardie 1969. Le fondateur s’accompagne très vite d’un de ses amis du collège, Guy Dhotel, ainsi que Jean-Michel Mercier à l’usinage des pièces.

C’est notamment suite à la victoire de course de côte de Licques en 1969, avec un joli duel final contre une Porsche Carrera 6, que la marque BBM a commencé à vraiment exister aux yeux des amateurs.

Six voitures en version spyder sont alors conçues, dérivées du modèle de la 1ere berlinette de 1969.

L'évolution des modèles.

En 1972, BBM se lance dans la création du modèle C2, conçu pour se battre dans la catégorie des « gros » protos. Cette fois-ci et pour la première fois le châssis est composé exclusivement de tubes d’acier ronds, la suspension avant se fait par l’intermédiaire d’un triangle supérieur basculant sur des amortisseurs horizontaux in-board.

L’année 1973 est ensuite marquée par l’arrivée de la Coupe Simca Shell. Une formidable initiative qui va permettre au constructeur français de mettre un pied dans le marché des protos 2 litres. C’est donc une C2 avec une toute nouvelle carrosserie, une prise d’air dynamique et des moulages en polyester pour remplacer les caissons en aluminium qui voit le jour. Cette version sera produite en 6 exemplaires.

En 1974 la crise pétrolière porte un rude coup à tous les constructeurs français. Cette même année BBM ne vendit que quatre châssis, malgré une nouvelle carrosserie particulièrement réussie.

Une reconversion difficile.

Fin 1974 Chrysler France décide d’arrêter le Coupe Simca. C’est donc la fin des BBM Protos d’un point de vue commercial.

C’est alors que BBM se tourne vers le marché des monoplaces. Malheureusement, malgré 2 châssis estampillés X12 vendus en 1975 pour la Formule Renault Europe, l’efficacité des châssis Martini couplé aux pilotes pro courant dessus (Didier Pironi, René Arnoux, etc…), ne laisse aucune chance au constructeur picard.

BBM construisit également quelques châssis de Formule Renault National, appelés X13, sans grand succès également, dû à un combat trop inégal.

Malgré un projet d’évolution de la X12 en X14 pour 1976 l’entreprise BBM doit mettre fin à la production à cause de nombreux chèques de clients revenus impayés et une concurrence de plus en plus rude.

"Notre premier châssis triangulé ne pesait que 38 kgs et nous l'avons conservé pour toute la série des modèles R" .

Pierre Bertin Boussu